
L’estime de soi n’existe pas, ou presque…
- il y a 2 jours
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« L’estime de soi n’existe pas », c’est le titre d’une vidéo que j’ai partagée il y a quelques années sur YouTube. C’est ce qui s’était révélé et de quel poids cette réalité m’avait soulagée ! Ce qui était si souffrant chez moi (la valeur de soi, l’estime) n’existait plus, du moins je le pensais (j’ai ensuite eu une autre regard dessus).
Je me souviens de la sensation de paix qui habitait mon espace dénué de cette souffrance, et finalement la joie de voir que ce que je pensais être quelque chose de manquant ou qu’il fallait guérir, « la valeur, l’estime », n’avait été qu’une construction partie soudainement en fumée.
Il n’y avait plus rien de cette résistance, juste de la paix qui ne jouait plus au jeu de l’estime.
Cela a duré, quelques années. Jusqu’à ce qu’un autre regard sur l’estime vienne me frapper.
L’estime de soi n’existe pas, c’est vrai.
Ce qui est aussi vrai est qu’elle est nécessaire, en tant qu’espace disponible dans le corps. L’estime de soi est souvent accaparée par l’ego, ce qui active la souffrance, mais dans la réalité du corps, de l’énergie disponible, l’estime est une présence qui s’assume. Ou plutôt, le manque d’estime est une présence (puissance) qui ne s’assume pas… car l’énergie disponible n’a pas de masse, elle est libre.
C’est là que la vie m’a frappée à plusieurs reprises. Une fois que l’estime de soi s’est rendue libre, que reste-t-il ? Les désirs personnels se sont évaporés, il ne reste plus qu’un vaste espace de paix disponible, où du moins, qui veut se vivre !
Et qu’y a-t-il d’autre que de servir, d’aider quand les désirs immatures se sont évaporés, il reste le grand désir d’être au service. Rien de religieux ou de saint dans l’histoire, c’est vraiment ce qui fait notre bonheur à tous en vérité…
La vie m’a frappée à plusieurs reprises pour y visiter les vestiges d’une estime tellement éteinte, qu’elle m’empêchait d’être vraiment disponible. J’étais comme prisonnière de ces mémoires, contrainte d’y faire face. L’estime écrasée s’est présentée comme une multitude de figements, dissociations, apathies, et je continue d’y voir des bagages.
Je vous partage tout cela parce que je vois aujourd’hui une importance à ne pas « écraser » l’estime sous prétexte de cheminement spirituel. C’est une énergie importante, qui doit exister pour permettre l’impact.
Bon nombre de chemins veulent « briser l’ego » mais en même temps, renient ce rapport sain à l’estime de soi, le passage naturel de l’énergie au cœur de la valeur de soi.
L’impact est entièrement relié à la valeur de soi, c’est l’énergie du cœur qui s’anime.
Ce que j’aurais aimé que l’on me dise en cheminant ; c’est que cette estime écrasée était à entendre, non pas parce que quelque chose ou quelqu’un allait enfin réparer cette douleur ou la panser, mais parce qu’elle avait le droit d’exister. J’avais le droit d’exister…
J’aurais aimé ne pas perdre autant d’années à nier et à endormir cette énergie sous prétexte d’humilité, qu’il y avait une différence entre arrogance et estime de soi et que ma valeur existait, qu’elle pouvait être vécue sans être séparée. Et que c’était cela l’impact, de l’intimité en mouvement…
J’aurais aimé ne pas maltraiter cette estime écrasée et appeler ça de la dévotion.
J’aurais aimé avoir un doigt qui pointe vers ce qui fait mal dans le cœur et m’aide à ressentir toute cette douleur de ne pas avoir la sensation d’exister. Car même si la résistance a lâché, la douleur a continué de peser pour se libérer. Elle avait continuellement été anesthésiée par des années de pratiques spirituelles mélangées à du déni.
J’aurais aimé qu’on me rappelle que je n’étais pas obligée de me négliger dans ma valeur en croyant qu’il s’agissait de ne pas me perdre. Que cette justesse allait se trouver dans ma relation au centre du corps, aux ressentis, à la présence dans le corps.
Et mille autre choses que j’aurais aimé avoir… je vous le partage dans un nouvel espace, un groupe de partages et de pratiques que j’ai ouvert récemment, vous trouverez plus d’infos ici
Ça s’appelle « le trait d’union », c’est un espace qui fait le pont entre chemin de réalisation de soi et intégration dans le corps, le système nerveux.
Je vous laisse m’écrire si vous avez des questions.
Au plaisir d’échanger avec vous,
Delphine




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